Comment ça va ?
Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été mal en entendant quelqu’un me poser cette question : « comment ça va ? ».
La plupart du temps, je ne réponds pas. Je suis comme paralysée.
J’ai compris très tôt que parler de certaines de mes émotions n’était pas bienvenue. Je n’étais ni accueillie ni entendue. J’ai observé que je ne pouvais pas être aimée avec des émotions dites ‘négatives’.
Très vite, j’ai appris à me taire, à nier ou à anesthésier mes émotions ; au mieux à tenter de les ‘justifier’.
Comme si la peur, la joie, la tristesse… avaient besoin d’une justification pour être là !
C’est un fait établi : les émotions viennent et s’en vont comme la marée… C’est presque une définition de la ‘normalité psychologique’ chez l’être humain.
Aujourd’hui, je veux être vraie. Je reconnais que je me sens triste.
Je me donne le droit de sentir cette tristesse sans chercher à la comprendre, sans l’analyser ou vouloir la faire partir.
J’observe que dans mon entourage peu de personnes sont capables de m’entendre simplement. Quelqu’un qui exprime sa tristesse semble déranger, faire peur. Ceux qui m’écoutent exprimer la tristesse voudraient aussitôt me rassurer, minimiser ce que je ressens, ou encore m’interdire de l’exprimer !
C’est que l’on est impuissant face à l’émotion de l’autre et cela peut nous faire souffrir… Alors, pour enlever cette souffrance-là, je dois en faire disparaître le déclencheur : l’émotion de l’autre.
Et à force de vouloir faire disparaître mon émotion de tristesse, je finis par me faire disparaître, moi.
« Triste à en mourir ».
Quand je tente de repousser cette tristesse, je me sens fatiguée, démotivée. Je peux me distraire quelques minutes. Mais rien n’y fait vraiment. Je finis par voir que je n’ai goût à rien.
Quand je repousse ou résiste, la souffrance peut devenir extrême, ‘jusqu’à en mourir’.
Si je l’accueille pleinement, j’ai alors accès à mon cœur et à mon âme. Je suis à nouveau en vie, vraie et entière.
Le choix est mien. Je choisis d’accueillir ce qui est.
Je suis triste, et heureuse de l’être.
“Les larmes sont des mots qui ont besoin d’être écrits.”
“Tears are words that need to be written.”
― Paulo Coelho
Hélène Brazil
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